En retard, toujours en retard

La mémoire cachée se repose dans les recoins
Une complexité qui détourne des arguments
Une certaine cohérence qui s’échappe à chaque fois
Quelque-chose l’empêchait de revenir sur ses pas
Par habitude nocturne enterrer les passages
Ne choisir le chemin qu’avec parcimonie
Mais pourquoi encore s’obstiner sur des détails
Le vendredi il est trop tard pour les chimères
Les pleins reflets viennent en retard d’un autre temps
L’épaisseur de ces murs ne suffit pas pour taire
Le décalage ne pourra pas se rattraper
La musique lente résonne le long des murs glacials
A l’extérieur des voix confuses m’emplissent de crainte
La lumière file quand le bunker en toi se fêle
Il se pourrait qu’en entrant se présente la clé
Et ce rêve d’une longue falaise et savoir sans voir
De tous les lieux, une seule image de mon repos
Dessous la terre l’envers converse avec l’inverse
Depuis deux jours plus personne à la fenêtre
A ne pas prendre ombrage de ton indifférence

Série “En retard, toujours en retard”
– 2020

Aquarelles sur papier Canson 300gr / 29,6cm x 40,6cm
Série de 20.

J’ai commencé cette série au cours des divers couvre-feu et confinements, tandis que je cherchais un logement. Ces espaces architecturaux reflètent des émotions, états mentaux, relations aux autres, ou parfois portraitisent une personne ou une situation temporaire.