Bien épilée le jour de ma mort


Quand elle embrasse un trophée-antilope, quand elle marche avec les pattes de l’éléphant – moignons- quand elle s’approprie cette jambe qui pue la mort, il y a de la tendresse et de l’horreur, il y a du lointain et du corps. Mais postuler des intentions morales dans le texte de présentation : voilà, il ne faut pas le lire, il désigne toutes les failles de la création, devenue démonstration. Et quelle ribambelles d’intentions ! Encore deux qui veulent tout révolutionner ! Dommage, ça reste coincé quelque part dans les postures, dans les objets. Vous ne voulez pas qu’on vous voit comme ça mort ? Ou plutôt  vous voulez ? Ou bien plutôt vous voudriez qu’on ne voit plus ces symboles comme morts ? Je vous vois vous frottant une jambe empaillée sur votre belle cuisse d’homme-danseur, et je ne vois rien. Pourtant on touche à l’Idiotie jouissive, à certains moments, seulement, quand elle est moins grossière que les poulets froids sur les sexes. Oui, cette Idiotie qui s’ouvre en grand, vous la frôlez et nous la frôlons, pourtant…
Alors, l’instinct de tuer de l’homme, oui c’est vilain, et quand l’homme tue les animaux, il en vient à tuer son semblable… D’autres questions : en quoi cacher le sexe par des masques à oxygène ou des corps d’oiseaux interroge les systèmes de valeurs ? En quoi cela et tout ce qu’il y a autour – artifices, prothèses, objets – peut-il porter la danse dans ses excès ? Il me semble que ce ne soit pas le bon chemin, ou alors un détour gorgé, dégorgeant et regorgeant de sens.

I wouldn’t be seen dead in that ! , pièce générique pour six danseurs, chorégraphie Steven Cohen et Elu, au Centre Pompidou, dans le cadre du festival d’automne à Paris.