Archives de catégorie : amarres

Ah ! ah ! ah! la putréfaction ! le guignol !


Mon morceau, morceau, trituré et planté partout, mon crâne, fluo, ma peau de front, grains de remou et terreau gorgé de poussière et trace laissée fondue traînée de suinte ; sous les barreaux mes poils mes cheveux mes cellules mes croutes mes amas de cellules mortes mes pores ouverts détachés ; des limaces mes limaces mes laitues mes baves momifiées ; mes morceaux détachés mes nez fouillent l’odeur de la colle de la terre ; des sexes mes sexes bing bang boum couleurs patatra rose vert fluo, bleu fluo, dix kilos de cheveux collés, ça pousse, ça pousse, les pores de ma peau et les pores des champignons sous terre avec un oeil seulement ; trente semaines sans se laver râcler la production avec une cuillère et nourrir le chat ; brancher la cervelle les restes la putréfaction machine à rêver ; pellicules de la pierre de la peau du plastique pellicules, poils collés ; momies, cadeaux déjà pourri ; enterré.

Tetsumi Kudo, La montagne que nous cherchons est dans la serre, du 18 février au 13 mai, la maison rouge.

Un monde idéal


Trois horizontales établissent le statisme glissant de la surface. Cet orange rougeoyant, c’est lui-même qui s’affirme, délimité par lui-même, trois fois et sans désignation de son rapport avec le nu du tissu. Trois fois oblitération d’un horizon. La largeur – mesurer – besoin mesquin.

Eclat régulier, c’est celui qu’on va lécher, un froid sur le pied hors du lit, un mat frais parfaitement propre et le contact de cette matière plastique sur la peau. Noir, blanc, noir, blanc, en ondulations réparties régulièrement et mathématiquement, viennent s’épouser – finir le cercle du bras. Dix étages et le tout glisse sur le côté, on est tiré, on s’étale, on vérifie l’axe et la fixité.

Net et effectivement parfait, régulièrement doublement posé verticalement, sans haut ni bas, sans début, sans fin, sans trace. Nettement répété agencé une trame nous colle net calmement et fausse gaîté. Si objectivement proclamé, pour hébétitude.

Peintures Aller/Retour, Centre Culturel Suisse, jusqu’au 11 mars.

Bulles

En activité de suceuse de sang : richement irrigués ils prélèvent en permanence dans le sang du dioxygène qui passe dans le sang et diminue d’autant la quantité de dioxygène contenu dans l’air
alvéolaire. Lors d’une plongée, la quantité d’azote est présente dans le sang et dans les tissus. En effet, le diazote et le dioxygène peuvent tout deux causer des : pourquoi dit-on que ce
dernier est saturé en dioxygène ? Et donc : il n’y a pas de volume, ou encore : le volume s’exp(l)ose. En plongée, j’en suce le sang et autant de volume d’air, et autant de dits « oxygène » et dit
ainsi j’en suce le sang. Ce qui fait volume monte vers la surface, ce que j’en diminue de volume restera sans flotter au fond du gouffre abyssal. Ce qui se gonflait se colle et ce qui
sérieusement circule cessera.

La Générale, « Ce volume d’air contenu »

Météorite


Costume noir porté sur la peau avec cape longue noire
Costume noir porté sur la peau avec cape longue noire
Costume noir porté sur la peau avec cape longue noire
Costume noir porté sur la peau avec cape longue noire
Costume noir porté sur la peau avec cape longue noire
Costume noir porté sur la peau avec cape longue noire
doublée de satin bleu à l’interieur, tongs / chapeau de
doublée de satin bleu à l’interieur, tongs / chapeau de
doublée de satin bleu à l’interieur, tongs / chapeau de
doublée de satin bleu à l’interieur, tongs / chapeau de
doublée de satin bleu à l’interieur, tongs / chapeau de
doublée de satin bleu à l’interieur, tongs / chapeau de
sorcière noir à larges bords et à pointe en tulle translucide orné d’une plume
sorcière noir à larges bords et à pointe en tulle translucide orné d’une plume
sorcière noir à larges bords et à pointe en tulle translucide orné d’une plume
sorcière noir à larges bords et à pointe en tulle translucide orné d’une plume
sorcière noir à larges bords et à pointe en tulle translucide orné d’une plume
sorcière noir à larges bords et à pointe en tulle translucide orné d’une plume
de paon, robe courte dorée, collants fuschia, ….. / costume blanc porté à
de paon, robe courte dorée, collants fuschia, ….. / costume blanc porté à
de paon, robe courte dorée, collants fuschia, ….. / costume blanc porté à
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de paon, robe courte dorée, collants fuschia, ….. / costume blanc porté à
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même la peau orné de lierre débordant de l’intérieur au niveau du ventre,
même la peau orné de lierre débordant de l’intérieur au niveau du ventre,
même la peau orné de lierre débordant de l’intérieur au niveau du ventre,
même la peau orné de lierre débordant de l’intérieur au niveau du ventre,
même la peau orné de lierre débordant de l’intérieur au niveau du ventre,
même la peau orné de lierre débordant de l’intérieur au niveau du ventre,
des poignets, des pieds, sabots à semelles compensées / kilt, protection
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des poignets, des pieds, sabots à semelles compensées / kilt, protection
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tibias plastique noir, un gant fil argenté / chevelure rousse bouclée
tibias plastique noir, un gant fil argenté / chevelure rousse bouclée
tibias plastique noir, un gant fil argenté / chevelure rousse bouclée
tibias plastique noir, un gant fil argenté / chevelure rousse bouclée
tibias plastique noir, un gant fil argenté / chevelure rousse bouclée
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prolongée par fausse chevelure rousse fixée dans le dos, longue robe
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prolongée par fausse chevelure rousse fixée dans le dos, longue robe
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violette, chaussures à talons avec rappel de cheveux sur les pointes
violette, chaussures à talons avec rappel de cheveux sur les pointes
violette, chaussures à talons avec rappel de cheveux sur les pointes
violette, chaussures à talons avec rappel de cheveux sur les pointes
violette, chaussures à talons avec rappel de cheveux sur les pointes
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/ chapeau effet perruque gominée, robe boule en fourrure blanche,
/ chapeau effet perruque gominée, robe boule en fourrure blanche,
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/ chapeau effet perruque gominée, robe boule en fourrure blanche,
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collants sombres, chaussures à talons.
collants sombres, chaussures à talons.
collants sombres, chaussures à talons.
collants sombres, chaussures à talons.
collants sombres, chaussures à talons.
collants sombres, chaussures à talons.

Vera Mantero and Guests, avec Antonija Livingstone, Brynjar Bandlien, Loup Abramovici, Marcela Levi, Pascal Quéneau, Vera Mantero interprétation et co-création, Nadia Lauro conception de l’espace et des costumes, au centre Pompidou, 15-18 novembre.

Les yeux du loup


Nos écrans en frissonnent, dans la nuit noire quand l’activité somnole et silencieusement persiste, les choses qui s’écrivent malgré nous sur cette image en mouvement, un témoin nous en donne trace comme trace et cheminement sur le clavier touche après touche, le sommeil des machines, leur énergie programmée et continue, leur vie sans nous. Délégué aux objets, le processus s’aime. Grand calme dans notre absence, bourdonnement des minéraux, des métaux, de nos espaces dénudés, évidence du mouvement continu et sans fin, dureté et fragilité, équilibre de la vitesse juste. Sans parole, ce qui a été choisi pour ne pas être interrompu ; rien ne se prépare, rien ne se trame, ce qui fait se mouvoir l’image, ce qui fait l’image.

"Dinosaur", vidéo, et "Star Field (month 26)" film 16 mm, de Jordan Wolfson, exposition 72 to 83 percent of chance à la galerie Frank Elbaz, jusqu’au 25 novembre.

Projeter/écrire


Machine contre machine, pourquoi être en accord avec la technologie de son temps ? La nostalgie est-elle réactionnaire ?
Concordance du son du projecteur de cinéma et silence de la machine à écrire qui lentement rejoue Pompéi. Concordance des cendres/neige/sable, en chute comme en chute est le mouvement de la pellicule. Lutte machine contre machine, l’image noie l’écrit. L’image enterre l’écrit, à la manière d’une caresse aux efforts assourdissants. La machine à écrire filmée comme objet d’amour, avec attention, ses reflets de machine rutilante, ses détails et ses recoins, gros plans de son visage. Pour être recouverte, enterrée, brusquement dans l’ordre du temps de la poussière, lentement dans l’ordre du temps du geste. Relation d’amour entre le projecteur et la machine à écrire, sans cesse recommencé, la machine à voir les images se souvient, encore et encore, de celle qui aurait écrit ses images, celles de son propre oubli.

Rodney Graham, Rheinmetall/Victoria 8, 2003, 35mm film, Cinemeccanica Victoria 8 35mm film projector and looper, 10:50 min, projected on continuous loop, silent. A voir au Centre Pompidou.

Elles et eux


Echos du passé : à Calcutta la reine dépossédée renonce au ciel qui ronfle et vrombit. Robes étalées, corps disparus, perles roulantes, joyaux brisés, la mendiante. De choisir et de ne pas choisir, l’une et l’autre fantôme et vibration, L’eau en son continu, obsédant, sourd, omniprésent, et l’eau en jaillissement jouissif, soudain, une eau qui tombe laiteuse. Chez l’une des corps massifs, errants, plantés et passagers, chez l’autre un éveil et une parole dans un corps assis. Immobilité et déplacements. De la forêt on n’entend que la voix, tandis que la forêt devient la voix. Les absents au dehors, les  absents au-dedans. Rigidité ou ouverture, obscénité, mondanité, ou fête. Transferts.
Chaleur lourde engourdie ou rosée.
Ce qui des deux persiste en nous, poison, parfum.

Lady Chatterley, le film, de Pascale Ferran,
India Song, le film, de Marguerite Duras.

Nord-Sud, pôles magnétiques et électriques


Peut-être la plus lyrique parmi les autres, un animal curieux que l’on observe, sans barreaux, sans vitre. Milles grosses abeilles grises verrouillées au sol fixent l’espace, le centrent, le repoussent. L’oeil du cyclone en épuisement sur les murs qui l’entourent et l’enferment, indéfiniment à perte. Le cycle s’essoufle trois fois pour trois fois rien, pour trois grammes magnétiques en suspens fluctuant, pour ce suspens, pour cette ligne de paysages éphémères au miroitement ténu. Auréole au dessus du poids, horizon et jeu d’enfant, vibrations au détail, vagues lentes aux oscillements avant-envers, face-dos, son-support.

Flying Tape, Zilvinas Kempinas, Palais de Tokyo, 14 sept. – 29 oct.

Le geste du trait


Tête au sol et tête carrée, tête reste, tête et crâne à relever, l’angle, suspension.

Tu viens en avant tu viens, au point de balance du poids tu viens, tout en poids pesant tout à coup.

Et coude et genous, coudes et genou os et cartillage écrase et poing et terre et sol et coude genou cheville vrille, vrille, cassé,    bloc.     Et droite jambe aller retour pivot, repart pivot hanche. Tiré tiré retiré. Tête et crâne ancrage, tête et crâne fixé, l’angle, suspension.

Tête bloc et traits autour, tête bloc et pied autour, au temps d’en haut et  temps d’en bas, au sol de devant et blanc, et gris sur blanc, écrasé insisté. Trace, blanc cuisse et trace, ventre blanc et trace talon frotté talon.

Peau dans peau os à os, vrilles du crâne, coude dans genou, articulé dans cheville vrilles du genou.

Inachevé.

"Corps étrangers", Retranslation/Final Unfinished Portrait (Francis Bacon), Toni Morrison/ William Forsythe/ Peter Welz, au Louvre.