Mer noire 2

L’eau jusqu’aux genoux, ils ont les mains dans la vase. Des choses, des mollusques, des formations calcareuses qui abritent un animal mou, des herbes pourries aussi, de la boue qui file entre les doigts, ils écartent avec le pouce la vase sur la prise pour voir ce qu’ils ont pris, puis dans le seau. Ici on peut presque s’y cacher, entre les herbes de cette zone, à l’écart de l’étendue d’eau où trop de lumière. Ici on est encore sur terre et on est encore en enfance, un peu, on fait des trouvailles. Ils savent que les autres ne sont pas loin, ils ont du temps, ce n’est pas encore le soir, il y aura bien quelqu’un pour les appeler. Celui qui tient le seau, c’est celui qui décide, pour l’instant. Un autre dit de venir là. Sur l’eau des taches d’essence, même sans on ne voit pas le fond. Il a remonté sa manche mais le bout élargi effilé retombe quand il a la main plongée, mais déjà mouillée la laine de toute façon par la pluie. L’autre, la capuche le gênait, de toute façon, il devait tourner à chaque fois tout le corps quand les yeux seulement ça aurait suffi, les cheveux mouillés et alors. Le troisième lève un peu son affairement et jette un oeil vers le chemin et les dernières maisons. Il la voit qui passe, elle a l’allure et les vêtements d’ailleurs, elle est hors saison et, pas d’importance.