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Ce que je n’ai pas vu

Ersatz du silence avançant au pas, le cadran ronronnant aux ondes pacifiques, laisse-moi te redire les hontes superflues de ma vie révolue. Bleus nuages, ombres de front, carrés flottants, roues défroquées, paradis : j’aime à redire ce que je n’ai pas vu. Souffle petit, teint de marbre, dents noires. Chutes maintenant, arrachées du rébus domestique, l’or reluit d’un éclat sali, touches d’ébène et algues accrochées. Toutes choses disparues, dressées comme enveloppes seules en images branlantes à ma mémoire en guet. Y rester un peu, pour y frôler toute chose en vide en creux : j’aime à redire ce que je n’ai pas vu.

Vanité 4

Voix amères, meubles blancs maudits, rauques tavernes et vernis glissant, basse continue de la rue, amères meubles blancs. Là le drap fait une tâche rouge. Drap glissant et meubles blancs, l’hydre chante et sa voix plane, chant de terre et chant de vent, tables sales et meubles blancs. Blessures amples imaginées, sans douleur et sans foyer, chant de vent, lourd, sourd, lenteur lenteur du chant.

Vanité 3

Géant reflet flagrant te hante et te rejette : et nous devant ensemble partout, au ciel sans le temps du dernier mot, derrière la surface modelée ensemble, regards perdus, histoire ancienne, dommage. Pour cette surface fugace, louvoyante, mes minutes et mes heures, ensemble, partout et en un point que la pierre reflète. Sans retour le grain passe, dommage, belle ou hideuse image, image oubliée, double doublé, passée sans regret subit. Reste, que te reste-t-il, reste, ici rien ne se passe, l’été séché dans nos pores, nous partout et sur la pierre qui reste.

Vanité 2

Rouge, sa robe de luisance – rouge, amer ouvre ta voix – rouge, renoncer par le bas. Robe souvenir elle traîne et trépasse, toute lasse et de cuir, sens que rien de dépasse. Le front ruisselant, quémander ce n’est rien, elle traîne et trépasse, rouge dilué de rien. Des muqueuses collées on entend la douceur, et la plainte composée ne donne pas du coeur.

Rouge.

Au millimètre.

Vanité 1

Au monde je me jette et dedans et enfer. Reste, ma bête, mon os, tordre ton cou ne me sers plus, je travaille dur maintenant, rudement, un serpent sauvage. Un serpent en cage, il pue, mais qui reluit comme diamant, écaillé contre fiente. Anneau par anneau ravalant sa salive, pire : elle s’endort. Elle l’ignore.
Le crin, le froid, m’ouvrir ne me tiens plus, tu n’es que pierre maintenant, salement, la cage bien rangée. La gorge bien rangée, suintant, t’enflant comme boue, joue d’enfant.