{"id":173,"date":"2007-01-13T00:00:00","date_gmt":"1999-11-29T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/ipazie.over-blog.com\/article-5244598-6.html"},"modified":"2007-01-13T00:00:00","modified_gmt":"1999-11-29T23:00:00","slug":"rester","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.florencegirardeau.org\/blog\/2007\/01\/rester\/","title":{"rendered":"Rester"},"content":{"rendered":"<div>J&rsquo;ai vu les reflets de ses grandes rues nouvelles, aux pl&acirc;tres frais, aux couples neufs, aux larges trottoirs. J&rsquo;ai cherch&eacute; les rues cach&eacute;es et j&rsquo;ai trouv&eacute;, les &eacute;tals, les enfants, les ordures, les attroupements et la vitesse, le bourdonnement. Sans m&rsquo;arr&ecirc;ter, une marche qui sait o&ugrave; elle va, sans moi, mais des pas qui vont. La peau qui fuit en dedans devant les regards. La faim qui cherche, rapide, sur les marchandises en d&eacute;sordre. Et c&rsquo;est la grande fatigue de cette angoisse solitaire, le renoncement, la fin. Les vomissements, les boyaux qui se vident, cach&eacute;e de la rue dans la petite pension d&eacute;serte, en plein jour et un peu au frais des murs, derri&egrave;re. Plusieurs jours, &eacute;couter les bruits de cette rue, dans ce port, dans cette &icirc;le, &eacute;couter cela seulement, voir cela seulement, le balcon et le linge qui y s&egrave;che, cette rue seulement vue de cet &eacute;tage. La fa&ccedil;ade ocre d&eacute;cati en face, grande plage gondol&eacute;e de bas en haut, les p&eacute;tarades des mobilettes, les groupes de jeunes hommes en bas. Plusieurs jours et plusieurs heures, avant de reprendre le ferry, plusieurs jours ici sur ce lit et ces draps blancs, qui absorbent les odeurs de mes transpirations. Le mur &agrave; droite de la fen&ecirc;tre, blanc, la cha&icirc;ne de m&eacute;tal, le blanc de la peinture, d&eacute;coll&eacute; dans plusieurs ann&eacute;es. Le matelas creus&eacute;, l&rsquo;oreill&eacute; dur. Un piano au loin dans les habitations en face, et en haut un balcon et toutes ses plantes vertes. Je demande &agrave; rester encore une nuit, je reste, l&agrave; encore un peu, les derni&egrave;res heures, la derni&egrave;re fois, ici, les autres places et les autres rues sont derri&egrave;res, avec des mariages en blanc et en noir, cadillac, ici, il y a la rue qui finit et le piano qui n&rsquo;en finit plus. Je me recouds, assise sur la chaise en bois, assise sur le lit, glissant, glissant, couch&eacute;e, j&rsquo;accroche &agrave; peine les notes du clavier, &agrave; peine, elles affleurent, me persuader qu&rsquo;il joue, me persuader que j&rsquo;ai v&eacute;cu.<\/div>\n<div class=\"clear center\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;ai vu les reflets de ses grandes rues nouvelles, aux pl&acirc;tres frais, aux couples neufs, aux larges trottoirs. J&rsquo;ai cherch&eacute; les rues cach&eacute;es et j&rsquo;ai trouv&eacute;, les &eacute;tals, les enfants, les ordures, les attroupements et la vitesse, le bourdonnement. Sans m&rsquo;arr&ecirc;ter, une marche qui sait o&ugrave; elle va, sans moi, mais des pas qui vont. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"close","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-173","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-sicile"],"featured_image_src":null,"featured_image_src_square":null,"author_info":{"display_name":"Florence Girardeau","author_link":"http:\/\/www.florencegirardeau.org\/blog\/author\/admin\/"},"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.florencegirardeau.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/173","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.florencegirardeau.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.florencegirardeau.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.florencegirardeau.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.florencegirardeau.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=173"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.florencegirardeau.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/173\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.florencegirardeau.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=173"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.florencegirardeau.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=173"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.florencegirardeau.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=173"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}